Remédiation cognitive du Haut Potentiel – Lyon

Opérationnalisation d’outils cognitifs au service de la remédiation du haut potentiel intellectuel en difficulté, pour un fonctionnement cognitif autonome 

PLAN

En préambule :       Objectifs de cette communication 

Introduction Le cadre de référence de ma pratique de psychologue du travail auprès des jeunes hauts potentiels   intellectuels

I – Les étapes de ma démarche :

         I – A – Mon objectif :

         1) plaisir de la connaissance

         2) l’autonomie de son fonctionnement (méta) cognitif

         I – B – Entretien de pré-diagnostic :

           I – B – 1 – Motifs de consultation les plus récurrents dans notre population-cible :

           I – B – 2 -l’anamnèse, orientée plus particulièrement sur les modalités du traitement de l’information par le sujet:

II – Bilan du fonctionnement (méta) cognitif :

III – Remédiation de l’enfant, de l’adolescent, du jeune adulte/étudiant à haut potentiel :

        III – A – Tableau de quelques unes des difficultés  rencontrées très frequemment chez le haut potentiel :

        III – B – Quelques outils-clés pour illustrer la remédiation proprement dite 

                           Objectifs de cette communication :

  • Témoigner d’une pratique de remédiation métacognitive aux résultats probants.
  • Susciter curiosité et initiative d’exploration de la part de chercheurs et praticiens. 
  • Plaider pour un diagnostic différentiel* accordant au fonctionnement métacognitif le statut qu’il peut légitimement y occuper: à côté des chemins de la médecine, à côté des  chemins de la psychopathologie, place doit être  faite aux      è«chemins de la connaissance »
  • èet à l’attention qu’il convient d’accorder à leurs « ornières », lesquelles peuvent être, elles aussi, le creuset du développement de pathologies.
  • Inviter à considérer l’une des origines potentielles de ces « dépressions » qui altèrent l’attrait de ces chemins de la connaissance, c’est-à-dire  travailler sur le « savoir du connaître », en accompagnant le sujet dans la réappropriation de ses  modes opératoires explicites pour réaliser,- dans le langage cognitif qui convient, pour lui, les opérations mentales qui lui permettront d’être attentif, comprendre,  mémoriser, réfléchir, en un mot pour traiter  l’information.
  • – Mettre, ainsi, au service de celui qui est dans ces difficultés, – parmi enfants et adolescents à haut potentiel intellectuel, ici -, la démarche de réappropriation de ses outils cognitifs, voie alternative à la voie de compensation par dispositifs externes**, que soient en cause mode d’utilisation des processus cognitifs, déficits cognitifs et/ou lésions  ( cf. ici, neuroplasticité è entraîner,  par ce savoir-faire qui reconnaît le sujet dans son unicité, à  des stratégies cognitives compensatoires)

Annexe à :

Objectif de cette communication :

*Le diagnostic différentiel  est un processus qui envisage tous les troubles pouvant expliquer la symptomatologie existante. On procède ensuite par élimination pour n’obtenir qu’un seul diagnostic.

** Voie de compensation par dispositifs externes : je pense,  par exemple, aux séances de répétitions (pauvres  H-P !) quelles qu’en soient les formes [comportementalisme], aux « aides » ponctuelles ( ordinateur, tiers- temps, contrôles à raccourcis …) si précieuses pour certains mais si « dés-armantes» pour ceux qui pourraient n’avoir besoin que d’aide d’ordre métacognitif pour  retrouver leur autonomie de fonctionnement.

***1) –  Représentations mentales – représentations sociales, concernant l’objet « Connaissance », par exemple .Ce continuum peut connaître 2 types de rupture : l’une de fond /Connaissance-Plaisir versus Apprentissages -Evaluations, l’autre de forme /Accès à la connaissance ( facile avant, désormais difficile

S’ensuivent détérioration de l’image de soi, altération de la confiance en soi, le statut d’élève ne fait plus sens, conflit identité du soi et identité sociale, etc. …

2) –  / Réactions de l’enfant /adolescent à un vécu bouillonnant d’idées, de réflexions, etc., mais qui, ne sachant comment traduire cette rapidité/ richesse mentale s’en trouve prisonnier, exposé même, souvent, aux quolibets, moqueries de l’environnement qui est témoin par exemple de ce qui se voudrait récit mais qui n’est que phrases en désordre : cet enfermement mental peut conduire à l’une ou l’autre  forme observable d’« hyperactivité » : défaut d’attention ( « fautes d’étourderie »= rapidité mentale non maîtrisée è dysynchronie), agitation motrice, rêverie, impulsivité… 

— Fonctions exécutives ou la capacité de s’adapter à la nouveauté 

Introduction

Le cadre de référence de ma pratique de psychologue du travail auprès des jeunes hauts potentiels intellectuels

Dès les premières années dans  ma fonction de maître de conférences de Psychologie sociale et du travail à l’université de Toulouse 1-Capitole, je me suis trouvée sollicitée par mes étudiants de façon récurrente au sujet de leurs difficultés « à rester attentif en cours durant une journée , puis à apprendre ces cours suivis avec une attention trop souvent peu soutenue,  enfin à mobiliser leurs connaissances lors des épreuves tant écrites qu’orales», attendant de moi, « eu égard à ma spécialité », conseils et aide.

Je me suis alors attachée à tout mettre en œuvre pour réussir à apporter à mes étudiants les réponses concrètes  qu’ils attendaient de moi.

Mon orientation résolument cognitive a mis les représentations sociales au premier plan de mon exploration, qui m’a conduite vers les représentations mentales jusqu’aux images mentales.

Les travaux d’Antoine De La Garanderie découverts pas-à-pas, ont aiguisé ma curiosité enchantée par la richesse, la rigueur, la minutie et par-dessus tout, la pertinence exceptionnelle de l’analyse, solidement ancrée chez les Anciens.

Les liens entre psychologie sociale, psychologie du travail et la Gestion Mentale se sont imposés au fil de mon travail d’exploration, puis de réflexion,  tourné vers l’opérationnalisation.

C’est ce rapprochement qui guide désormais le rôle que j’exerce en cabinet : je reçois enfants et adultes en difficultés dans leur fonctionnement cognitif mais j’ai fait de l’accompagnement des hauts potentiels intellectuels ma spécialité.                                                                                       

 

 

 

I – Les étapes de ma démarche :

I – A – Mon objectif

1) Conduire l’enfant /l’adolescent à retrouver le plaisir de la connaissance,  par la reconquête de

2) l’autonomie de son fonctionnement (méta) cognitif.

Les notes peuvent avoir le simple statut d’heureuse conséquence  du plaisir d’apprendre, qui se conjugue avec :

* restauration de l’image de soi

* confiance en soi retrouvée

I – B – Entretien de pré-diagnostic :

Sa finalité : è réorienter l’enfant, ou

è l’informer soigneusement sur la procédure de notre futur cheminement pour rétablir ses conditions d’un traitement de l’information pleinement satisfaisant.

I – B – 1 – Motifs de consultation les plus récurrents dans notre population-cible :

Lorsqu’un parent conduit l’enfant /adolescent Haut Potentiel à ma consultation, le sujet n’est qu’exceptionnellement empressé.

Il est plutôt réticent, voire très réticent (« je ne veux plus voir de psy !»).

En revanche, il admet en général que « maintenant, il n’y arrive plus, il ignore pourquoi »

En effet, la plupart du temps, c’est la détérioration des résultats scolaires, récente ou en baisse accentuée, qui pousse à consulter.

Baisse d’estime de soi et perte de confiance en soi sont presque toujours mentionnées spontanément par le parent.

« Je travaille, à la maison, mais après, en contrôle, je stresse trop et je ne me souviens de rien »

« Je fais beaucoup de fautes d’étourderie »

«  Je suis trop lent : je n’ai jamais fini de recopier la leçon au tableau, alors le soir… »

«  Maintenant, quand j’ai un texte à commenter, le prof me dit toujours que je ne comprends rien et les copains se moquent de moi »

«  c’est insupportable, il tourne des heures avant de faire ses devoirs, sa chambre est dans un désordre indescriptible »

Etc…

I – B – 2 -l’anamnèse, orientée plus particulièrement sur les modalités du  traitement de l’information par le sujet:

Ces modalités, dont la connaissance sera si précieuse pour personnaliser le bilan,  peuvent se révéler

* avec ou sans constantes,

* en relation avec des contextes situationnels spécifiques (« locus of control », en relation avec ses valeurs intégrées ou non en système, sa confiance en soi au regard de ses capacités, son « don perdu », ses représentations mentales au regard des représentations sociales, y compris celles de son statut de haut potentiel …).

Cette étape indique :

– l’éventuelle nécessité de réorienter vers des compétences prioritairement au moins plus adaptées au cas présent, ou,

– le bien-fondé de la poursuite dans cette voie. L’étape suivante est celle du bilan du fonctionnement  métacognitif, lui-même suivi alors par la remédiation proprement dite.

II–  Bilan du fonctionnement (méta) cognitif :

Il s’agit désormais d’identifier avec précision le fonctionnement du sujet, pour l’en informer ensuite dans un échange où le haut potentiel s’investit toujours avec enthousiasme.

Le bilan a pour objectif de formuler des hypothèses sur le codage performant du sujet, et ces hypothèses vont être soigneusement mises à l’épreuve à la lumière

– de multiples situations vécues, scolaires ou non, de réussites mais aussi d’échecs, (illustrer)

– d’informations nouvelles à traiter,  au cours du bilan, en lecture, puis sous dictée, enfin en exercice d’imagination,

pour rendre possible la traduction en termes opérationnels des dysfonctionnements source de souffrance mais si déconcertants pour l’entourage scolaire et familial qu’ils sont souvent décrits comme relevant de la volonté, – mauvaise, bien sûr-, de celui qui en est prisonnier.

On peut citer quelques types de langage cognitif, question centrale  qui conditionne toute la remédiation, sachant que les autres paramètres gravitent en étroite liaison.

I.M.V.,I.M.A., I.M.V-A, I.M.K., chacune pouvant se décliner de multiples façons, voire se combiner par des prolongements quelquefois bien délicats à discerner..

Ce langage, assorti de ses spécificités, va constituer l’armature du traitement de l’information.

III – Remédiation de l’enfant, de l’adolescent, du jeune étudiant à haut potentiel :

III – A – Tableau de quelques unes des difficultés  rencontrées très frequemment chez le haut potentiel :

* /Rythme du fonctionnement cognitif

=> dysynchronie , à l’origine de ce qu’on nomme « faute d’étourderie »

=> traitement fulgurant de l’information, et son cortège de difficultés, telles que : -galoper sur la voie de l’abstraction porte souvent à un commentaire si éloigné du support que les interlocuteurs pensent à un mauvais farceur ou à un trouble psychiatrique (cas de Claude)

=> la leçon est parcourue très rapidement, geste du cahier qu’on referme aussitôt, ponctué de  l’éternel « j’ai compris » : à n’en pas douter, mais ce n’est pas en mémoire, ni projet, ni opération de consolidation en vue du stockage de l’information.

=> les Images Mentales sont légion, mais non rangées dans la tête, voire amoncelées, chacune cohabitant avec des questions fort éloignées : dans sa tête, on s’en sort très bien…mais quand il s’agit de dérouler une histoire, rapporter des faits, passer dans le temps, en somme, seul l’espace est utilisé, et ce, dans l’anarchie. Comment gérer des enchaînements d’opérations ?

*/ Le SENS : lorsque l’absence de sens vient d’autrui, il est désemparé, se replie sur soi, se désinvestit, se refugie dans la rêverie ou dans la violence contre soi (addictions) ou contre autrui.

Lorsqu’il ne comprend pas, c’est la dévalorisation ( je vaux 2 en math : non, c’est ta copie, le travail que tu as rendu, pas toi !), image de soi très abîmée, confiance en soi envolée.

Enfin, lorsque ça fait sens pour lui, sa rapidité le conduit à ne pas se préoccuper de la mémorisation, et c’est l’échec ( « si toi tu as un QI élevé, moi je suis pape » signé un prof …)

III – B – Quelques outils-clés pour illustrer la remédiation proprement dite :

* Les I.M. et leur gestion dans le geste mental de l’Attention ( « rendre présente la chose absente »).

* Comprendre et Mémoriser.

* Espace et temps, l’indispensable maîtrise harmonieuse.

* Le PROJET, décliné sur plusieurs dimensions , outil essentiel, aussiMais…Ils le sont tous, indispensables, dans l’atelier de laconnaissance, que je préfère désigner de façon plus large , par traitement de l’information.Je vous remercie de votre « attention ».je sui prête à tenter de répondre à vos questions<< ;

 

 

 

 

 

 

 

Pour vous permettre d’avoir une Image Mentale de la démarche –bilan, je vais esquisser très rapidement le principe de son déroulement en empruntant aux enfants, adolescents ou  « grands ado » puisqu’il s’agit d’étudiants, tous à haut potentiel.

Et, très concrètement, je vous invite à tenter de repérer vos propres I.M.tout-au-long de cette situation que nous partageons : vous pourrez vous livrer ensuite avec d’autres participants à des comparaisons  et confrontations de vos I .M., quant à l’identification que vous pouvez en faire si vous êtes en mesure de les retrouver dans votre mémoire,  et, le cas échéant, leur nature, le sens qu’elles vous redonnent ou qu’elles confisquent…